
« I believe in nothing if not action »
Ralph Ellison, Invisible Man.
Adbusters, journal of the mental environment.
Sur le site des Echos, un diaporama permet de considérer les 10 marques les plus « puissantes » au monde suivant le croisement de deux critères: un sondage de popularité réalisé auprès des consommateurs de 24 pays et l’analyse des dépenses des ménages. C’est l’occasion de considérer leur impact dans notre culture visuelle à travers leur logo respectif. La beauté n’est pas le critère majeur de la popularitéde ces marques.
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Les 10 logos les plus puissants du monde…
juin 11th, 2010LA PEAU DE L’OURS
mai 6th, 2010
Image 1: Publicité Ricoré « Devenez du matin », avenue de la porte de Chaumont, Paris, avril 2010.
Image 2: Tony Matelli, « Ancient Echo », 2002. Lien site de l’artiste.
Une publicité et trois expositions récentes me donnent l’occasion de revenir sur les liens qui unissent hommes et animaux.
Grizzly du matin, chagrin.
L’ animal privé de son « animalité », revêtu des attributs de notre humanité devient domestique et déprimé. Le fantôme esseulé de sa part animale plane, comme dans cette image publicitaire pour Ricoré.
Elias Canetti disait « Chaque fois que l’on regarde un animal avec attention, on a le sentiment qu’un homme y est caché et qu’il se paie notre tête. » (in Le territoire de l’homme) mais à condition, paradoxalement, de lui laisser son statut d’animal.
« Quelle frontière subsite entre humanité et bestialité (…)? » Question posée et développée par le musée des Arts Décoratifs dans la section « L’homme ou la bête » de son exposition « ANIMAL« .
« (…) l’animal travesti (en homme) se fait tirer le portrait pour les besoins mercantiles de la publicité où il singe nos préoccupations du moment; ces mises en scènes transforment une bestialité naturelle en sophistication aussi troublante qu’ambiguë.
L’Homme qui a déduit le « caractère » des animaux à partir de leur apparence ou de leur comportement les exploite dans une caricature. »
Pourtant les signes subsistent chez les artistes, anthropologues, historiens de la nécessaire cohabitation de l’homme et de l’animal. L’un étant l’indispensable révélateur de la condition de l’autre, (voir « L’animal que donc je suis » de Jacques Derrida, Galilée, 2006) .
Démonstration en quelques images avec l’ours, ou plutôt avec sa peau et comment les hommes s’en parent pour convoquer et revêtir une nudité « originelle ».
GÔUT NATIONAL
avril 23rd, 2010Image 1: Publicité Kronenbourg, 1664 » Le goût à la française ». Paris, avril 2010.
Image 2: Arc de Triomphe, Place de l’étoile. Paris, le 8 mai 2007. Flickr
En septembre 2007, soit cinq mois après sa création par Nicolas Sarkozy, le ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement lancait un appel d’offre pour la « création d’un identifiant visuel (logotype) et d’une signature ». En mal de reconnaissance, le ministère se cherchait une image « identifiable ». Paradoxe pour celui qui s’occupe d’ « identité nationale ».
Trois ans après, le gouvernement semble avoir renoncé à son projet d’identité visuelle, mais le problème demeure. La France de Nicolas Sarkozy cherche toujours les symboles qui fédèreraient l’opinion autour de ses projets phares: « nationalité » « immigration » « sécurité ».
La solution viendrait-elle de la publicité? La bière Alsacienne Kronenbourg se déclare sur ses publicités la bière du « GOÛT A LA FRANCAISE ». L’agence de publicité Fred et Farid, responsable de la campagne, a-t-elle, en choisissant de badigeonner de rouge les symboles du patrimoine architectural national (Mont Saint-Michel, Arc de Triomphe, terrasse de café (!) …sous la tour Eiffel, sur la pelouse du château de Chambord …) reçut son brief du président? « je veux du gros rouge qui tâche » demandait Nicolas Sarkozy à ses lieutenants pour appuyer et justifier dans les médias l’utilité d’un débat sur l’identité nationale. Une chose est sûr, la fierté d’être français s’est trouvée un porte drapeau (…à consommer avec modération).
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“J’habite en France” 1970, 2007… 2011
avril 12th, 2010Image 1: Bâche recouvrant la Préfecture de Police de Paris et représentant les différents corps de métiers de la police nationale. Flickr
Image 2: Affiche, Paris, avenue Secrétan, Avril 2010. « A partir du 13 Janvier 2011, MICHEL SARDOU à L’Olympia »
1970, « en pleine période « post soixante-huitarde », Michel Sardou véhicule avec ses premiers grands succès « Les bals populaires », « J’habite en France », « Et mourir de plaisir », une image rassurante de France traditionnelle, de vrai chanteur populaire » extrait du Fan Club Sardou
2010, pour promouvoir ses concerts prévus en Janvier 2011, le « vrai chanteur populaire » a choisi une image le représentant debout et en pied, sur un fond gris neutre. Ce réalisme sans ostentation est à rapprocher des gigantesques portraits, réalistes eux aussi, des agents de la Préfecture de Paris qui s’affichent sur la bâche du bâtiment pendant sa rénovation. On peut parier que cette image sans charme et sans « bling bling », un retour à l’ordre en somme, sera celle mis en avant pour la fin du quinquennat de son ami Nicolas Sarkozy. Comme disait Sardou en 2007 pendant la campagne présidentielle: « On a le pays qu’on mérite ». On pourrait ajouter « et l’image qui va avec ».
Une autre version de ce billet se trouve dans le Graft, catégorie CRU.
LES TREMBLEMENTS
mars 29th, 2010Image 1: Publicité Wrangler Red, « We are animals », Fred&Farid, janvier 2010.
Image 2: Photographie Tiane Doan na Champassak, extrait de la série « Credo Haïti », 2007.
Philippe Michel, l’un des créateurs en 1972 de l’agence de publicité CLM et figure inspirée du monde de la communication affirmait: « La marque a une capacité démiurgique, une faculté à inventer le monde à partir de son propre point de vue ». Pourtant, dans le cas de la nouvelle campagne Wrangler Red « we are animals » (signée Fred&Farid), c’est plutôt le monde et son actualité médiatique qui semblent avoir « inventé » le point de vue de la campagne. Les publicités ont été diffusés dans la presse une semaine après le tremblement de terre qui venait de dévaster les principales villes de l’île d’Haïti (le 12 janvier 2010). Concours de circonstances, les parti-pris esthétiques des images semblent faire référence à un imaginaire propre à certaines cérémonies du vodou haïtien et par un jeu ambigu d’associations faire écho au drame (image d’apocalypse > Séisme > Haîti > Vodou).
L’agence de pub a communiqué pour le compte d’un client inattendu, de plus en plus présent dans les jours qui ont suivi le désastre : la « compassion humanitaire internationale » avec son « tremblement médiatique » aujourd’hui éteint.








