Un greffon est un élément restreint, mais fonctionnel, rajouté sur un ensemble plus vaste qui lui sert de base.



LE GREFFON est un blog d'information et d'analyse qui traite d'une actualité subjective de l'image (expositions, publications, internet, auteurs, artistes, graphistes…). Afin de ne pas le limiter à un agenda culturel, j'ai choisi d'employer une syntaxe composée essentiellement d'images. Je crois à cette dynamique des images qui se lisent par collage, ricochet, montage…

Le DIAPORAMA constitue la matrice du GREFFON. Il est amené à se développer et restera en introduction du Greffon.

« Quiconque a connu les longues heures de vagabondage entre les livres, quand le moindre fragment, le moindre code, la moindre initiale semble ouvrir une voie nouvelle, aussitôt perdue dès que se présente une nouvelle rencontre, ou quiconque a éprouvé le caractère illusoire et labyrinthique de cette “ loi du bon voisinage ” sous l'autorité de laquelle Warburg avait placé sa bibliothèque, sait que l'étude non seulement ne peut pas avoir de fin, mais qu'elle ne désire pas en avoir ».
Giorgio Agamben, « Idée de l'étude », Idée de la prose, Christian Bourgois, 1988.

mardi 30 juin 2009

GREFFON / WRANGLER PARADIS

cat. COMPTE RENDU





Image 1: Publicité Wrangler "We are animals", photographe Ryan McGinley, 2009
Image 2: "La Main", Ronan Barrot, huile sur toile, 195X114, 2006.


La campagne Wrangler "We are animals" signée par le duo fred&farid a été distingué à Cannes lors du récent festival de la publicité par un Lion d'argent dans la catégorie presse.



L'ensemble des visuels de la campagne sont regroupés sur le site de la MJC.


En novembre 2006, Ryan McGinley (le photographe qui a été choisi par l'agence pour réaliser cette série), exposait à Paris à la Galerie du jour. Voici ce qu'il disait pour présenter ses images:
"The photographs that will be exhibited in the galerie du jour agnès b. were taken during the summer of 2005. For two months I traveled around the US in a van with a group of friends, and I photographed them naked every day. Mostly we ran around in the woods and in the desert, went swimming in lakes and oceans, jumped off bridges, and danced in houses and motel rooms. (…) It’s a celebration of freedom from reality, and the beauty of the American landscape provides the backdrop".


La campagne de publicité s'appuie sur cette expérience vécue par l'artiste (et qui a donné lieu à une série jouissive, transgressive, hédoniste) pour lui demander de "rejouer" la scène, mais dans un tout autre contexte de lieu, de temps, d'humeur. La joie fait place à la peur, les corps libérés aux corps traqués, camouflés, la chaleur au froid. Le renversement glace mais devient aussi le reflet d'une réalité plus agressive, plus "dans l'air du temps".





Image 1: "Hot springs", 2005, photographe Ryan McGinley
Image 2: Publicité Wrangler "We are animals", 2009, photographe Ryan McGinley



Le rapport au corps et à notre part d'animalité est un des thèmes majeurs de toute l'histoire de l'art. Depuis l'homme oiseau de la scène du puit dans la grotte de Lascaux (décrite par Georges Bataille) jusqu'à Joseph Beuys ou plus récemment Oleg Kulik (dont les photos de lui en chien furent censurer à la FIAC l'année dernière), la bête définit les limites de notre humanité encadré par l'angoisse de la mort et celle de la sexualité.





Image 1: "Unter dem Dornenbusch", photographie extraite de Erinnerungsspur, Dieter Appelt, 1978-1979
Image 2: Site Wrangler Europe, film Why.
Image 3: "Jack golden", 2003, photographe Ryan McGinley

Le choix d'un artiste contemporain et d'une publicité essentiellement visuelle pour accompagner l'illustration de la promesse publiciatire (Wrangler n'est pas le cowboy de Levis, n'est pas le branché de Diesel, mais le cheval, l'animal qui est en vous), n'a pas manqué de soulever des réactions. D'un côté, le discours est jugé trop flou et sans réthorique publicitaire (il faut regarder le film officiel,"We are animals" sur le site Europe de la marque pour constater tout ce qui sépare un discours classique (une promesse articulée sur une démonstration produit) de l'approche transgressive, voir brutale de Fred&farid). De l'autre, le discours est jugé trop limite en se jouant de taboux qui, s'ils peuvent encore s'exposer dans le cadre de l'art contemporain, sont ici jugés comme un pur appel à nos plus bas instincts (chasseurs, prédateurs, violeurs). La publicité est d'ailleurs interdite dans les pays Anglosaxons.


La campagne "We are animals" "celebrate our worst animal instincts", blog




Image 1: Filmstill de Ganz-Gesicht, 93 x 113 cm, Dieter Appelt, 1982-1983.
Image 2: Publicité Wrangler "We are animals", 2009, photographe Ryan McGinley


La campagne apparait plutôt comme le reflet d'une époque inquiète à la recherche d'un paradis perdu (ce qu'illustrait parfaitement la série originale de Ryan McGinley, cette communauté de jeunes gens vivant, aimant, dansant nus comme autant d'Adam et Eve) mais chez Fred&farid, le paradis ressemble plus à un monde en train de basculer, la pomme a été croquée et c'est le déluge post-partum qui nous guette, l'époque a accouché d'un monstre. Les corps aimés de McGinley, sous l'oeil cynique et réaliste de Fred&farid (qui font ici un remarquable travail de mise en forme d'une époque) ont perdu de leur innocence. La mort, la peur, la convoitise les entourent.





Du fond de son atelier, l'artiste peintre, chaman contemporain entouré de ses gris gris et fétiches, figure encore évocatrice au vu de la photo de l'atelier de Barrot par Denis Rouvre, continue à remuer nos interdits et se fait l'écho de la campagne avec une proximité stupéfiante. A quand une campagne Wrangler signé Ronan Barrot?




Image 1: Jeep "Indian Chief", WRANGLER.
Image 2: Portrait de Ronan Barrot, photographe Denis Rouvre.


Ronan Barrot, galerie Claude Bernard







dimanche 28 juin 2009

GREFFON / King of Pop, RIP.

cat. CRU

mardi 23 juin 2009

GREFFON / IRAN, ANARCHIE

cat. HISTOIRE




Photo 1: Extrait du reportage de Guillaume herbaut: "Iran, vie quotidienne", Une jeune femme portant l'uniforme des étudiantes arbore un badge représentant le sigle de l'Anarchie.

Photo 2: Extrait du reportage de Guillaume Herbaut: "Iran, la révolution Twitter".


Ces deux séries de Guillaume Herbaut sont visibles sur le site de L'Oeil Public, collectif de photographes reporters dont il est un des membres fondateurs.




Image qui illustre le post très bien documenté de Mickaël Guillois sur son blog Marketing client 2.1: "L'Iran de 1979 avait la télévision. Celle de 2009, les réseaux sociaux"




Image 1: Portrait de Neda.
La jeune Neda Agha Soltan, tuée lors des manifestations, est devenue un des symboles de l'opposition iranienne. Source Le Monde, Iran : les femmes en première ligne de la contestation, par Antonin Sabot, 26/06/2009, photo Afp.

Image 2: Shadi Ghadirian, Untitled from the Like Everyday Series, 2000-2001, 183 x 183 cm.
Replacing the expected monotone of the black chador with vibrantly patterned fabrics, each portrait suggests a vivacious individuality and character, belying the limitations of stereotype. Similarly, the mundane objects, when transformed into faces, become highly poised and charismatic caricatures, embodying individual personalities.

Tous ces registres d'images, reportages, amateurs, portable téléphonique, studio photo, artiste dressent la complexité avec laquelle l'image tente de rendre compte d'une situation politique et sociale complexe. Chaque registre tisse avec l'autre des échos et dessine un dialogue signe d'une résistance par l'image à la volonté du gouvernement en place de masquer les oppositions.

vendredi 1 mai 2009

GREFFON / CRU / GABBLA (Inland)

cat. CRU



Tariq Teguia, "Exploser vers l'intérieur", entretien
in Les Cahiers du Cinéma, avril 2009

jeudi 2 avril 2009

GREFFON / CRU / ANTICIPATION

cat. CRU



"Le Jules Verne", Paris, 14 janvier 2009.

Lien Flickr

lundi 30 mars 2009

GREFFON / LE PRINTEMPS

cat. HISTOIRE




image 1: Lotus, printemps 2006, La Guadeloupe, lien Flickr.
image 2: Sac "Le printemps", Tshirt "Sé ta nou", La Martinique, mars 2009 (merci à Jean). Lien Flickr






objets de grève, d'après Jean-Luc Moulène (!)
Tshirt "Sé ta nou" imprimé pour soutenir la lutte lors de la grève contre "la vie chère et la PWOFITASYON"













image 1, 2: manifestation du 21 février 2009, Paris pour soutenir les revendications des grévistes aux Antilles, en Guyane et à la Réunion. Droits DR.
image 3: "REVE GENERAL", sticker atelier "NE PAS PLIER"
image 4: lien Flickr
image 5: Rêve général - 29 janvier, lien Flickr
image 6: le Che "Guerillero Heroico", par Alberto Korda.
image 7: portait de Alberto Díaz Gutiérrez et historique de la photo "Guerillero Heroico" sur Wikipedia

Comme un parfum de printemps dans l’air

Chaque génération, au moment même où elle se constitue dans le combat contre ce qu’elle considère comme l’intolérable qu’elle ne veut plus tolérer, trouve les formes d’expression et d’action propre à sa lutte. C’est pourquoi les autorités de tous ordres seraient bien avisées de prendre en considération le fait suivant : dans les grandes manifestations du 29 janvier et du 19 mars, deux pavillons inventés en dehors de toute organisation, furent littéralement plébiscités par les manifestants, quel que soit leur âge, leur motif de mécontentement et de rage : «Rêve général !» et «Ni pauvres ni soumis !»

Jean-Paul Dollé philosophe. Libération, 23 mars 2009, Rebonds

samedi 28 mars 2009

GREFFON / CRU / (V)IVRE

cat. CRU




Nîmes, dimanche 22 mars 2009.


Lien Flickr

jeudi 26 mars 2009

GREFFON / OIKONOMIA

cat. COMPTE RENDU

oikonomia


Dans les premiers siècles de l'histoire de l'Eglise (disons entre les deuxième et sixième siècles), le terme d'oikonomia a joué dans la théologie un rôle décisif. Nous savons qu'en grec, oikonomia signifie administration de l'oikos (c'est à dire de la maison), et, plus généralement, gestion, management. (…) Pourquoi les pères de l'Eglise ont-ils ressenti le besoin d'introduire ce terme dans la théologie? Comment en est-on arrivé à parler d'une économie divine?

Giorgio Agamben, Qu'est-ce qu'un dispositif?, page 21,22. ed. Rivages poche / Petite Bibliothèque, 2007.


Image 1: exposition "Jean-Luc Moulène", Carré d'art, Musée d'art contemporain de Nîmes.
Image 2: article "Wal-Mart, monstre capitaliste", Les inrockuptibles n°695, page 10. crédit Travis Roberston.







J'appelle dispositif tout ce qui a, d'une manière ou d'une autre, la capacité de capturer, d'orienter, de déterminer, d'intercepter les gestes, les conduites, les opinions et les discours des être vivants

Giorgio agamben








Image 1, 2: Carré d'art, Nîmes, "Croix jaune", Paris, 2004-2005, huile sur bois, 94 x 61,5 x 7 cm
Image 3: première et quatrième de couverture, catalogue Jean-Luc Moulène, édition Carré d'art, Nîmes, 2009.
Image 4: publicité pour Western Union, société de transfert d'argent; "Il envoie des tonnes d'amour", google image.





Image 3: Chef de Rayon Paris, 11 avril 1998 (2005), C print contrecollé sur aluminium, 160 x 210 cm, Thomas Dane Gallery

Jean-Luc Moulène à Nîmes du 28/01 au 03/05/09, rien sur internet qui soit un compte rendu juste de l'exposition, je renvois au catalogue édité à l'occasion de l'exposition ou au très bon texte de Michel Poivert sur ViteVU, le blog de la Société française de photographie pour en savoir plus sur l'artiste.


Dimanche en compagnie des "machines de vision" de Jean-Luc Moulène, auxquelles s'étaient associés, dans les salles d'exposition, une pianiste, Pascale Berthelot et un danseur Laurent Pichaud. Tous deux proposaient une interprétation du travail de Moulène. Il y avait dans la petite assistance une grande qualité d'écoute. Sur le chemin du retour, les affinités entre le texte de Agamben et les oeuvres vues l'après-midi me tiennent éveillés.





Merci à Joëlle et Arnaud

lundi 23 mars 2009

GREFFON / (E)MOUVANT

cat. CRU




et ici, pour compléter le tableau, Eros et Thanatos!

samedi 21 mars 2009

GREFFON / POUSSIERE

cat. CRU




François Matton nous fait découvrir ses animations sur son blog.

Ici, "Deux ou trois choses que je sais d'elle".

Magnifique.

dimanche 15 mars 2009

GREFFON / MUNITIONS

cat. COMPTE RENDU



photo: Jean-Luc Moulène, Produits: "Omnipack, 16 janvier 1992", catalogue "Figures de Passage", édition Le Confort Moderne, 1994.

photo: Collectif f.8, Universités en lutte, Paris, manifestation du 05/03/2009. Lien Flickr.


Mercredi prochain, dans le cadre des séminaires et cours alternatifs mis en place durant la grève des universités, Jean-Luc Moulène sera l'invité de Michel Poivert (Université Paris 1) et de Paul-Louis Roubert du collectif F8 (université Paris 8) pour parler des Objets de grève et plus généralement du rapport de la grève à l'image. ViteVu, le blog de la Société française de photographie






photo: La Pantinoise. Paquet de cigarettes rouge. France, usine des tabacs de Pantin (Seine-Saint-Denis), Seita, 1982-1983. Catalogue Trente-neuf objets de grève présentés par Jean-Luc Moulène, édition Mai deux mille.

photo: Catalogue publicitaire, "La maison est l'endroit le plus important au monde". IKEA, 2008.


Jean-luc Moulène depuis l'exposition "Figures de Passage" au Confort Moderne de Poitiers en 1994, manifeste son intérêt pour une lecture critique de l'image de marque. Ainsi avec sa série des "Produits", une série de quinze photographies imprimées au format des panneaux publicitaire (4X3) et collées à même les murs de l'espace d'exposition, il provoque notre point de vue de "spectateur d'art" en le soumettant à notre jugement de "consommateur".

En 1999, Moulène initie la série « Documents/Objets de grève », reprenant, en gros plan, des produits réalisés collectivement lors de manifestations sociales. Ceux-ci sont confectionnés avec les outils de production des entreprises et imaginés à des fins manifestes. Ils quittent le traditionnel discours publicitaire et reflètent une parole publique inhabituelle.

Le Collectif f.8 à été créé en février 2009 à l'Université Paris 8 par des étudiants, enseignants et intervenants du département Photographie & Multimédia, en opposition aux conséquences de la loi Liberté et Responsabilité des Universités (LRU).

f.8 est un collectif libre qui n’appartient à aucun parti politique.

f.8 travaille de manière artistique et réflexive sur la documentation, l’archivage et la visibilité des luttes pour la défense du service public d’enseignement.

Comme collectif, f.8 a pour vocation de pouvoir ouvrir son champ d’actions à toutes formes de luttes.




photo: abri bus, affiche publicitaire "Crédit agricole, Livret A", Paris, janvier 2009.

photo: Jean-Luc Moulène, Produits: "Munitions, 18 février 1991", catalogue "Figures de Passage", édition Le Confort Moderne, 1994.





photo: Jean-Luc Moulène, La main noire, Paris, 04 septembre 2006.

photo: Collectif f.8, Universités en Lutte, manifestation Paris "De la maternelle à l'Université", 11/03/09. Lien Flickr.

photo: Jean-Luc Moulène, Cinq concentrés concentriques, Paris, avril 2007. Black polyurethane elastomer. Diameter: 18 cm. Courtesy of the artist & Galerie Chantal Crousel. crédit photo, Florian Kleinefenn

jeudi 26 février 2009

GREFFON / TOUT RAFRAICHIR

cat. RICOCHET





Le 23 novembre dernier, je notais les similitudes entre le logo de campagne du futur président des Etats-Unis et le nouveau logo de Pepsi. Je profitais de ce rapprochement visuel pour ironiser sur le détournement possible à des fins publicitaires du désormais historique "Yes, we can" par la marque de soda. C'est chose faite depuis …l'investiture de Obama comme 44eme président des états-unis.








Lien 1, 2, 3


En effet, dans un message politico-publicitaire participatif (!) dont la stratégie semble directement inspirée des méthodes de campagne du futur président, Pepsi invite à poser directement, via internet, ses questions et ses attentes au "Dear Mr.President". C'est aussi l'occasion pour la marque de faire connaître son nouveau logo et d'accompagner ce lifting graphique d'une subtile accroche de circonstance "Refresh everything". Sous entendu, logo rafraîchi, marque de soda toujours jeune et "cool" et enfin prête à accompagner le pays dans son ambition nouvelle d'Etat ouvert et "post racial".

Il était tentant pour la marque de s'identifier clairement au côté du Président. Elle qui dans la guerre marketing qui l'oppose à Coca Cola a clairement opté pour la communauté noire (et Coca pour la blanche? voir l'édition limitée de la bouteille récemment confiée au couple So-me / Justice). D'où ces nouveaux messages qui associent tous, le nouveau logo à des mots symboliquement fédérateurs: "ENSEMBLE", "OPTIMISME", "AMOUR", "TOUS POUR UN" …


C'est une chose d'avoir le nouveau président des Etats-Unis qui nous parle de "changement", s'en est une autre d'avoir Pepsi qui "rafraîchit" le monde de ses problèmes. Où se situe la limite de la récupération de la vague Obama? En quoi la stratégie de campagne de l'équipe présidentielle victorieuse peut-elle devenir un "business model" de référence pour toute tentative de stratégie de communication innovante à l' heure du web participatif? Où commence le marketing? Où s'arrête la politique? La frontière est floue. La revue d'économie de référence américaine "Fast Company" ne s'y est pas trompée en élisant stratégie n°1 de l'année 2008 la campagne d'Obama (connu sous l'appelation "triple 0", pour "Obama's Online Operation").

Mais il y a tout de même un pas entre la volonté réformatrice du pouvoir politique et les effets d'annonces du marketing.
La photographie qui introduit le billet vient de façon fortuite illustrer cet écart entre le désir de changer le monde via une "belle" accroche fédératrice (ici TOGETHER, ENSEMBLE) et le travail à mettre en œuvre pour rendre effectif ce désir. Ainsi, alors que le taxi porte fièrement les "couleurs" de Pepsi, la composition de l'image sépare d'un coté le véhicule blanc du véhicule noir!, de même le bâtiment aux colonnades blanches à l'arrière plan rejoue l'organisation raciale des Etats-Unis, pouvoir structuré par les blancs et dans l'ombre, à l'arrière plan, la communauté noire. Le "TOGETHER" semble donc rejouer la séparation historique plutot que de réconcilier les communautés!





Exercice parallèle de marketing innovant, au mois d'octobre dernier, une marque tentait, de manière pour le moins inattendue, en pleine campagne présidentielle américaine de fédérer deux cultures à priori opposées : la marque de lessive Bonux et le groupe de disco noir américain "Kool and the gang". Stratégie de la maison de disques pour relancer la carrière du groupe? Volonté d'ouverture vers les ménagères funky et disco? Le mariage reste déconcertant. Il est vrai que les mêmes avec Pepsi seraient surement passés inaperçus. Contre toutes attentes, n'est pas "So Fresh" qui veut.


Oh yeah she's fresh so fresh She's fresh she's so fresh (x2) Fresh as a summer breeze She's fresh she's so fresh She means so much to me Yeah I want to take her by the hand And pray she'll understand 'Cause I love the way she walks And ooh baby I love the way she talks I've got something and I hope she'll understand Miss frisky lady She's fresh She's fresh she's so fresh

dimanche 22 février 2009

GREFFON / GLISSE, GREVE

cat. RICOCHET




Lien 1 et 2 flickr,


Cette semaine, le Greffon fête son premier anniversaire. L' occasion de faire une greffe disjonctive inspirée par l'actualité. D'un côté, les championnats du monde d'hiver et de l'autre la grève générale en Guadeloupe.

A prioiri aucun lien entre la Guadeloupe et une compétition de luge.

C'est en parcourant le Net à la recherche d'informations que j'ai récupéré les différentes images qui forment cette séquence : du "pompier" Zöggeler à la voiture rouge calcinée, de sa tenue de sportif aux combinaisons des CRS, de l'étalage vide de pâtes aux pistes de luge de compétition, du paquet affaissé à la carcasse de voiture, de la typo de la banderole au sponsor sur la combinaison du sportif.

Mais pourquoi Zöggeler ?

L'athlète est Italien et a hérité du surnom de "Il Cannibale" (il a remporté deux titres olympiques, cinq titres de champions du monde, trois titres de champion d'Europe et sept coupes du monde). Un surnom qu'on imaginerait plus aisément pour qualifier de manière caricaturale et néo-coloniale les manifestants qui tiennent les barrages en Guadeloupe. Surnom paradoxal et ambigu pour cet athlète venant d' un pays européen qui vote les lois les plus répressives et stigmatisantes en matière d'immigration (le 20 février encore, une loi sur "les viols ET l'immigration clandestine").

Ironie de l'histoire, c'est un collectif d'intellectuels et d' artistes antillais qui propose un texte utopique et visionnaire pour sortir de la crise. Un texte a l' opposé de la vision rétrograde et humiliante de la politique d'immigration telle que l'ambitionne un Berlusconi.






lundi 2 février 2009

GREFFON / CRU / GEL

cat. CRU



Je gèle les commentaires le temps de trouver la solution technique aux attaques de spam.

mercredi 28 janvier 2009

GREFFON / One Minute Quick

cat. RICOCHET






Pour en finir avec les fabricants de Burger et leur stratégie de communication, après Mac Donald et le réalisme objectivé, Burger King et le réalisme de terrain, voici Quick et le réalisme distancié.

Cette campagne n'est pas une actualité, elle doit dater de 4 ou 5 ans mais elle est symptomatique des emprunts, des porosités, des ré-interprétations entre art et image commerciale. Ici, Quick et Romanek empruntent très explicitement à l'univers de Erwin Wurm.


Erwin Wurm est un artiste contemporain né en Autriche en 1954. Il est né une génération après les "actionnistes Viennois" mais il est resté fortement marqué par leur radicalité. A partir de 1997, il a repris à son compte dans sa série des "One Minute Sculptures" la position qui était la leur de démontage des catégories normatives des beaux-arts afin de rejeter toute position dogmatique. Le principe était surtout "Ne pas en être!". Mais là ou les figures les plus célèbres du mouvement trouvaient dans la transgression des tabous liés au corps, au sexe, des figures nihilistes et originelles, Wurm propose une attitude absurde et décalée, grinçante souvent mais toujours emprunte d'humour et de quotidien. C'est cet humour "bricolé" à partir d'attitudes et d'objets familiers qui a séduit les publicitaires à la recherche de nouveaux modèles. Comme pour McDo ou Burger King, l'emprunt à l' esthétique du "banal" permet de "se rapprocher des gens", et l'humour permet d'adopter une stratégie qui "parle aux jeunes", mais la lecture formelle et "rapide" (sans jeu de mots) des œuvres originales masque la stratégie de Wurm de "Ne pas en être".









1- Erwin Wurm, "One minute sculptures", catalogue raisonné, 1988-1998, dessins, 1999.
2- Otto Muehl, "Action matérielle n°14", Cosinus & Alpha, 1964
3- Erwin Wurm, Looking for a bomb, 2003


C'est avec une esthétique plus sophistiquée et clinquante mais avec une lecture similaire de l'oeuvre de Wurm orientée sur la loufoquerie et la provocation que le réalisateur Mark Romanek a imaginé le clip des Red Hot Chili Peper, "Can't stop". Parfait miroir du coté grunge du groupe, les musiciens se sont prêtés facilement et à grand renfort de grimaces au jeu des "One Minute Sculptures", vidant au passage une bonne partie de l'absurdité de ces situations plus pertinentes lorsque l'acteur de la "sculpture" semble passivement accepter son sort temporaire et fragile. (A ce propos, il faut voir les photos des visiteurs de la rétrospective Wurm à Lyon au MAC en 2007).




Erwin Wurm, déséquilibre et inertie, sur Ciel variable.

Depuis Wurm semble s'être pris au jeu de cette médiatisation légère de ses performances et il les décline dans des séries de mode et des commandes pour des marques de luxe. Ci-dessous pour Hermès. Le titre de la photographie est "L'anarchiste". Pour se donner bonne conscience? Rudolf Schwarzkogler doit se retourner dans sa tombe.



Enfin, il est possible de retrouver l'esprit des "One Minute Sculptures" dans la publicité comme l'atteste cette excellente réalisation de "La Colonne" pour l'Association française des Petits Débrouillards. A voir.