FLASH, Orphée.







Pour ce début d’année voici quelques liens vers les sources qui m’ont permis de réaliser ce collage. Il illustre les ambitions du Greffon de rapprocher et faire dialoguer des figures et des univers disparates pour proposer une approche critique par montage de ce qui qualifie une image aujourd’hui. Donner la parole aux choses visibles mais non dites sur l’image (Didi-Huberman). Ici, pour reprendre le fil de Atiq Rahimi, c’est l’image photographique en tant qu’ instant arraché à  l’ombre, l’image saisi, le regard mortel d’Orphée vers Eurydice :

Un superbe blog Australien, une source historique et artistique intarissable: Bibliodyssey, (Books, Illustrations, Science, History, Visual Materia Obscura, Eclectic Bookart). Fort légitimement déclaré « site du jour » par Libération en mars 2008, lien: »Disparu depuis près de deux siècles, le principe des cabinets de curiosités — collections d’objets hétéroclites et obscurs, de memorabilia — renaît sur Internet. Dans le monde entier, de nombreuses bibliothèques et autres institutions ont mis leurs collections en ligne, donnant accès à  un patrimoine exceptionnel, mais qui reste finalement peu vu. L’australien Peacay va fouiller dans ces archives oubliées, le plus souvent des vieux livres, à  la recherche d’illustrations inédites qu’il recense sur le blog BibliOdyssey. »

Sur le site de l’agence VU, San Francisco, ojo salton un Saint aux yeux percés, une photographie de la série « Imatges abandonadas » du Catalan Ricard Terré, décédé fin 2009.

Enfin, Jeffrey Silverthorne, Silent Fires, de la série « Making an offer », 1982-1984, présenté dans l’exposition « Djân ».

La galerie VU, fidèle au principe de l’agence propose des expositions avec des partis-pris originaux dont l’accrochage est confié à  un commissaire extérieure qui agit comme co-auteur. Actuellement la galerie propose un accrochage subjectif des photographes de la galerie regroupés par l’écrivain et cinéaste afghan Atiq Rahimi. Il a sélectionné une soixantaine de photos autour du thème « djân », mot persan pouvant être traduit par « corps », mais un corps non séparé de l’âme. «Ce mot n’est pas un triste trope, mais une joyeuse lexie du persan. Il défie la dichotomie corps/âme.»

Sur le site de l’Express, Tariq Rahimi présente l’exposition et commente trois photographies présentées dans l’exposition dont celle de Jeffrey Silverthorne:
« Ce photographe américain ne travaille que sur le corps. Il est allé dans les morgues, il s’est intéressé aux transsexuels et aux homosexuels, toujours de manière très documentaire, avec un naturalisme assez dérangeant. Il s’est aussi inspiré des grands mythes, comme c’est le cas avec cette photo qui évoque celui d’Orphée et d’Eurydice. Ce que je trouve extraordinaire, c’est que ce mythe-là  révèle plus qu’un autre l’art photographique : Orphée va aux Enfers pour en faire sortir son épouse Eurydice, mais il a le malheur de se retourner, pour s’assurer qu’elle le suit bien, et finit par la perdre. Pour moi, le photographe est un peu comme Orphée : il descend dans l’ombre, les abîmes, à  la recherche d’une absence. Il doit la ramener à  la lumière sans regarder derrière soi. La photographie n’existe pas sans l’ombre et la lumière – ici l’ombre, c’est l’homme habillé en noir ; la lumière, c’est la femme -, de même que le « djân » ne distingue pas le corps de l’âme. Voilà  pourquoi j’ai choisi cette photo comme affiche de l’exposition »

Bonne année.

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