NATION


« TAKE THE CANNIBALL KISS AND TURN IT INTO A REVOLUTION »


Image 1: « Ségrégation aux Etats-Unis : L’Amérique en noir et blanc », de Alexandre Tarta, document INA, 1963. Programmation de Sylvain George au 104, novembre 2009.
Image 2: « The sound of ESP disk », Ed Soyka. Affiche du catalogue des artistes du label ESP, 1964. Exposition « Le siècle du jazz », Musée Quai Branly. mars, juin 2009





Images: Extraits de « Long sorrow », Anri Sala. Video, 2005.

Le grand photographe noir américain Roy DeCarava, s’est éteint il y a un mois, le 27 octobre dernier. « Street photographer » attentif et sensible comme Helen Levitt ou Robert Franck, il est connu pour être le photographe du Harlem des années 50, des photos qu’il publiera en 1952 sous le titre « The sweet Flypaper of life » grâce à  une bourse de travail versée par la Peggy Guggenheim Fondation pour la première fois à  un photographe Noir. Le livre, quelques photos de la série et d’autres extraites de « The Sound I saw » étaient présentés à  l’exposition sur l’histoire du Jazz au Quai Branly en début d’année. Ce fut pour beaucoup l’occasion de le découvrir. Il fut l’un de ceux qui su photographier ce que le jazz cherchait à  nous dire de la condition Noire, à  travers la musique, dans les visages des musiciens ou dans les corps des danseurs. En témoigne ce diaporama de quelques-unes de ses photographies sur le site du NewYork Times. Ces images nous disent le sentiment qu’avait le photographe de parler au nom du peuple afro américain, conscient d’avoir fécondé la culture américaine de leur génie créateur mais en colère devant le mur de l’arbitraire du quotidien.

La vidéo « Long Sorrow » de Anri Sala (artiste d’origine Albanaise ayant fait ses études en France et vivant entre Paris et Berlin) est la captation hypnotique et vertigineuse de la performance du saxophoniste Free Jemeel Moondoc jouant un solo littéralement suspendu puis flottant dans les airs au dessus d’un immeuble berlinois nommé  » Lange Jammer  » (longue désolation) par ses habitants. « Requiem pour la fin des rêves », la vidéo revient sur cette fierté, cette colère, mais aussi cette nostalgie et constitue un bel hommage en image et en musique à  Roy de Carava.

Dans un sondage récent réalisé par la sofres pour le quotidien la Croix sur le thème « Identité nationale: Ce qu’en pensent les Français », à  la question de savoir ce qui rapproche le plus entre eux les personnes vivant en France, la nationalité arrive en avant dernière position devant la religion. C’est le milieu social qui arrive en tête. La culture arrive en 3eme position après le lieu de résidence.
Donc les français accordent plus d’importance à  la culture qu’à  la nationalité pour les rassembler, c’est une bonne chose. A un moment ou ce débat et ses effets pervers occupent tout l’espace médiatique, le travail de Roy DeCarava, de Sala (ou d’autres artistes comme ici Archie Shepp ou Sylvain George) portent, révèlent la parole, la condition, les rêves de ceux qui sont, par leur place sociale et leur histoire, exclus des débats officiels sur l’identité.

Image: Station Nation, RER, Paris. Novembre 2009.
Image: Photographie Roy DeCarava, extrait de « The sound I saw », exposition « Le siècle du Jazz », Musée Quai Branly.mars, juin 2009

Sylvain George, André S. Labarthe, Archie Shepp #4 from Independencia on Vimeo.

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