Habitat, Mari Lwyd, d’une révolution à  l’autre

La publicité de Noël pour les magasins Habitat « Noël illuminé » pousse paradoxalement le consommateur à  la « production de soi ». Jolie rencontre fortuite entre l’art populaire et la société de consommation que propose le recoupement de cette image avec une tradition Galloise présentée dans la stimulante carte blanche de Jérémy Deller au Palais de Tokyo « D’une révolution à  l’autre » (jusqu’au 18 janvier).



Mari Lwyd est originaire du Pays de Galle et traditionnellement elle se manifeste durant les fêtes de fin d’année. Son allure carnavalesque, le crâne d’une jument entouré d’un voile de mariée et recouvert de fleurs et de turbans, aide à  passer les jours difficiles et longs de décembre en présagant de jours meilleurs.


Deux très belles photographies de Mari Lwyd trouvé sur Flickr, autre exemple d’une nouvelle manière de partager image et culture.

Cette « figure », aux origines vraisemblablement Celte, et que de nombreux artistes contemporains n’auraient pas reniés (Tinguely, Réquichot, Kantor, Messager…) est réalisée dans un but performatif et évènementiel. Le souhait de Deller et Kane de faire « rentrer au musée » les reliquats plastiques (sous forme de photos, films, parfois objets) de ces manifestations populaires nous invite à  redéfinir la place attribuée à  l’objet d’art et surtout sur quel socle « officiel » ces objets nous sont présentés.
Suivant la même logique du changement de statut, ces objets du « quotidien » cheval et vélo décorés pour on ne sait quelle fête ou par quel bricoleur artiste invite plus à  faire soi-même preuve d’inventivité plutôt que de rentrer dans la boutique du bon goût et de l’art de vivre moderne. Ce que confirme les tags réalisés sur les publicités qui pour l’occasion apparaissent plus comme des guirlandes supplémentaires que comme des traces de vandalisme. Michel de Certeau aurait approuvé.


Leave a Reply