Archive for octobre, 2008

NOIR MESRINE

Lundi, octobre 27th, 2008

A propos de l’affiche du film « Mesrine, L’instinct de mort » de Jean-François Richet.

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La photographie en noir et blanc, le regard menaçant, l’arme pointée sur le passant, le titre et les auteurs (réalisateur et acteur vedette) en typo rouge et blanche sur fond noir, les couleurs de l’anarchie: les parti pris de l’affiche du film de Jean-François Richet souhaitent visiblement se placer sur le terrain de la provocation et de la rébellion.

Connaissant le parcours cinématographique militant et sans concession du réalisateur, cette affiche devrait aller dans son sens.

Alors pourquoi cette image dérange-t-elle là  où on ne l’attendait pas? En effet c’est plus une « spectacularisation » de la figure du rebelle qui est donné à  voir que le portrait fidèle de Mesrine.

En premier lieu, la photographie semble à  l’évidence un « remake » d’une autre photographie de Mesrine, canon dirigé vers l’objectif. C’est une image de l’homme alors le plus recherché de France qui joue à  pasticher l’attitude d’un dangereux personnage, c’est Mesrine qui s’amuse à  jouer le rôle que la société attend de lui. Cassel lui est un comédien, il est donc dans son rôle de composition lorsqu’il prend la pose et …l’image perd de son ironie et de sa provocation pour afficher le regard sombre et premier degré de l’acteur.

D’autre part, le fond noir cinéma est le fait d’un professionnel qui a construit sa lumière, plongeant le fond de la scène dans un noir inquiétant et dramatique (sous entendant: le film est un film de genre, le film noir). La photographie originale de Alain Bizot, elle, est visiblement un document qui est là  pour accompagner l’interview. Elle n’a aucunement l’ ambition de vouloir scénariser la scène, elle n’a qu’un flash pour toute lumière et la pose apparait dans toute sa brutalité.

De fait, l’affiche a plus à  voir avec la photographie de Anton Corbijn pour le dernier numéro du supplément Style du journal Libération et qui illustre une série de mode « guerrière » (dixit le journal) avec l’actrice et mannequin Ukrainienne, Olga Kurylenko. Faut-il rappeler que c’est le même journal qui avait publié en 1978 la photo originale (et que l’on retrouve aujourd’hui en première de couverture à  l’occasion de la sortie du film accompagnée d’une acroche prophétique propre à  pousser vers le mythe le destin de l’ennemi public numéro 1: « Ainsi parlait Mesrine ».)

Il est instructif de faire un autre saut dans le passé pour regarder cette image et de revoir l’affiche du premier long métrage de Richet « Etat des lieux », de 1994. Un film au regard cinglant et lucide, en noir et blanc, un appel à  l’insurrection pour les banlieues méprisées, (très bien présenté dans cette critique de Télérama lors de sa diffusion en 2006 à  la télévision).
Les parti pris graphiques de l’affiche recoupent ceux du « Mesrine » (la photographie en noir et blanc, la trichromie rouge, noir et blanc). Mais les codes ici divergent et l’image fait plus penser à  un flyer punk qu’à  une glorification de la performance de l’acteur principal et co-auteur (Patrick Dell’Isola) pourtant remarquable.

Est-ce que le noir de l’affiche, plutôt que de se référer à  la contre culture et au militantisme de Richet à  ses débuts, n’est pas devenu le noir domestiqué de la tenue des deux principaux concernés (Richet et Cassel), celui plus convenue d’un « radicalisme chic » qui emprunterait plus à  l’univers distancié de la mode (cf. le supplément style de Libé) qu’au rebelle. Et le fait que la photographie est été faite par le photographe « historique » de la photo originale de Mesrine n’y changera rien, sauf de continuer à  construire le mythe: les nouveaux vus par « celui qui y était ».

Pour finir et pour paraphraser la publicité de la nouvelle Renault Laguna coupé à  la carosserie noire et aux vitres fumées: en acceptant que son film soit représenté par cette image, JF Richet ne cherche-t-il pas à  « afficher sa réussite autrement »? Gageons que le film, lui, ne fasse pas les mêmes concessions aux lois du show business. A voir.

CRU (Bertrand Lavier, Panton – Arthur Martin)

Lundi, octobre 27th, 2008

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Vendredi, octobre 17th, 2008

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Mercredi, octobre 15th, 2008

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Mardi, octobre 14th, 2008

J’étais réticent à  ne mettre qu’une image sur le blog, sans faire l’effort de la mettre en perspective ou de l’associer à  une autre image. Mais plusieurs fois aussi, je me suis refusé des billets dont j’aimais une image mais à  laquelle je ne trouvais pas de lien ou de « greffes ». C’est en retrouvant des traces de ce que m’avait laissé en leur temps les émissions « No comment » sur Euronews et « Brut » sur Arte (des images d’actualités tournées par les équipes de reportage montrées sans montages et sans commentaires), que j’ai trouvé le prétexte pour céder à  ce jeu. Dorénavant, à  coté des images « cuites » je laisserais aussi la place aux images « crues ».

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