Archive for janvier, 2009

One Minute Quick

Mercredi, janvier 28th, 2009


Pour en finir avec les fabricants de Burger et leur stratégie de communication, après Mac Donald et le réalisme objectivé, Burger King et le réalisme de terrain, voici Quick et le réalisme distancié.

Cette campagne n’est pas une actualité, elle doit dater de 4 ou 5 ans mais elle est symptomatique des emprunts, des porosités, des ré-interprétations entre art et image commerciale. Ici, Quick et Romanek empruntent très explicitement à  l’univers de Erwin Wurm.

Erwin Wurm est un artiste contemporain né en Autriche en 1954. Il est né une génération après les « actionnistes Viennois » mais il est resté fortement marqué par leur radicalité. A partir de 1997, il a repris à  son compte dans sa série des « One Minute Sculptures » la position qui était la leur de démontage des catégories normatives des beaux-arts afin de rejeter toute position dogmatique. Le principe était surtout « Ne pas en être! ». Mais là  ou les figures les plus célèbres du mouvement trouvaient dans la transgression des tabous liés au corps, au sexe, des figures nihilistes et originelles, Wurm propose une attitude absurde et décalée, grinçante souvent mais toujours emprunte d’humour et de quotidien. C’est cet humour « bricolé » à  partir d’attitudes et d’objets familiers qui a séduit les publicitaires à  la recherche de nouveaux modèles. Comme pour McDo ou Burger King, l’emprunt à  l’ esthétique du « banal » permet de « se rapprocher des gens », et l’humour permet d’adopter une stratégie qui « parle aux jeunes », mais la lecture formelle et « rapide » (sans jeu de mots) des œuvres originales masque la stratégie de Wurm de « Ne pas en être ».

1- Erwin Wurm, « One minute sculptures », catalogue raisonné, 1988-1998, dessins, 1999.
2- Otto Muehl, « Action matérielle n°14″, Cosinus & Alpha, 1964
3- Erwin Wurm, Looking for a bomb, 2003

C’est avec une esthétique plus sophistiquée et clinquante mais avec une lecture similaire de l’oeuvre de Wurm orientée sur la loufoquerie et la provocation que le réalisateur Mark Romanek a imaginé le clip des Red Hot Chili Peper, « Can’t stop ». Parfait miroir du coté grunge du groupe, les musiciens se sont prêtés facilement et à  grand renfort de grimaces au jeu des « One Minute Sculptures », vidant au passage une bonne partie de l’absurdité de ces situations plus pertinentes lorsque l’acteur de la « sculpture » semble passivement accepter son sort temporaire et fragile. (A ce propos, il faut voir les photos des visiteurs de la rétrospective Wurm à  Lyon au MAC en 2007).


Erwin Wurm, déséquilibre et inertie, sur Ciel variable.

Depuis Wurm semble s’être pris au jeu de cette médiatisation légère de ses performances et il les décline dans des séries de mode et des commandes pour des marques de luxe. Ci-dessous pour Hermès. Le titre de la photographie est « L’anarchiste ». Pour se donner bonne conscience? Rudolf Schwarzkogler doit se retourner dans sa tombe.

Enfin, il est possible de retrouver l’esprit des « One Minute Sculptures » dans la publicité comme l’atteste cette excellente réalisation de « La Colonne » pour l’Association française des Petits Débrouillards. A voir.

Le jour

Mardi, janvier 20th, 2009

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vierges ou corrompus?

Vendredi, janvier 16th, 2009

Rencontre entre les deux extrêmes de l’écriture cinématographique, David contre Goliath.. L’une étant la réponse à  l’autre.


L’agence de publicité Crispin Porter + Bogusky est considérée par la profession comme l’une des agences les plus créatives au monde (si ce n’est la plus créative). Elle vient à  nouveau de se distinguer en réalisant un « documentaire » pour la marque Burger King (décliné en publicité pour la TV). Le film raconte l’entreprise conduite par une équipe de scientifiques et d’ anthropologues afin de recueillir les témoignages de populations éthniques spécifiques, découvrant et goûtant pour la première fois un hamburger. Ces « vierges du burger » devront choisir entre le goût du Big Mac et de celui du Whopper et se prononcer sur le meilleur.

Le film vante les moyens mis en œuvre pour la probité de l’entreprise et …file le frisson. Qu’en penserait Stéphane Breton qui dirige la collection « L’Usage du Monde » au musée du Quai Branly? . Après avoir revêtu leurs habits traditionnels (gage de vérisme) les cobayes sont « isolés » dans un environnement neutre (salle de classe ou « laboratoire ») et soumis aux questions du traducteur (nos sympathiques autochtones répondant la plupart du temps en anglais). Connaissant certaines campagnes de l’agence pour la marque qui fonctionnaient sur le registre de l’auto-dérision (la réaction du consommateur Américain à  qui on annonce la fin du Whopper!), on s’attend à  de l’insolite, du second degré, pour partir dans un fou rire libérateur. Mais non, « c’est sérieux », autant que le barbecue qui permet de réaliser dans des conditions « extrêmes » de frais hamburgers chaudement emballés dans un papier logotypé « Burger King » avant de rejoindre les mains maladroites (car inexpérimentées) des Vierges du Burger.






Lech Kowalski vient de mettre en ligne, comme chaque lundi, deux nouveaux épisodes de cinéma sur son site dédié à  cette nouvelle écriture cinématographique camerawar. Ces « films chapitres » sont une nouvelle façon pour lui de diffuser ses images en s’appropriant l’économie et la souplesse du réseau. Le premier des deux films mis en ligne cette semaine s’intitule « Coupure publicitaire » et il est une réponse directe à  la publicité de Burger King. Deux hommes, gitans invités par Kowalski sont installés en terrasse d’un Mac Donald. Ils mangent pour la première fois un menu et font leurs commentaires. Le discours est rempli de bon sens et d’humour. Je ne sais pas si la séquence est récente ou non mais le contre pied avec le « docu » de Crispin Porter est à  mourir de rire et la caméra pleine d’attention.



Pour les marques qui veulent connaitre les réponses spontanées que suscitent leur logo et leur marque, il y a brand tags. Site libre et ouvert, chacun est invité à  participer. Il se présente sous la forme d’un nuage sémantique classé par ordre alphabétique, la grosseur de la typo étant relative au nombre de fois que le mot a été mentionné par les internautes. Les marques se précipitent semble-t-il pour connaître ce que leur investissement publicitaire ont pu générer comme image autour de la marque. Dans le billet ci-desus, les exemples sont empruntés aux réactions que suscite… Burger King! Heureusement pour la direction de la communication de BK, il y a les « Virgins Burgers » eux n’ont pas d’à  priori et ne se trompent pas. Ills choisissent le Whopper plutôt que le Big Mac! Ouf! Et puis les « civilisés » sont des ingrats corrompus.

MAGNIFIQUE

Samedi, janvier 3rd, 2009

Je vous souhaite une année

Marché, boulevard de la Villette, 13 décembre 2008

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