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LA PEAU DE L’OURS

Jeudi, mai 6th, 2010




Image 1: Publicité Ricoré « Devenez du matin », avenue de la porte de Chaumont, Paris, avril 2010.
Image 2: Tony Matelli, « Ancient Echo », 2002. Lien site de l’artiste.


Une publicité et trois expositions récentes me donnent l’occasion de revenir sur les liens qui unissent hommes et animaux.


Grizzly du matin, chagrin.

L’ animal privé de son « animalité », revêtu des attributs de notre humanité devient domestique et déprimé. Le fantôme esseulé de sa part animale plane, comme dans cette image publicitaire pour Ricoré.
Elias Canetti disait « Chaque fois que l’on regarde un animal avec attention, on a le sentiment qu’un homme y est caché et qu’il se paie notre tête. » (in Le territoire de l’homme) mais à condition, paradoxalement, de lui laisser son statut d’animal.

« Quelle frontière subsite entre humanité et bestialité (…)? » Question posée et développée par le musée des Arts Décoratifs dans la section « L’homme ou la bête » de son exposition « ANIMAL« .
« (…) l’animal travesti (en homme) se fait tirer le portrait pour les besoins mercantiles de la publicité où il singe nos préoccupations du moment; ces mises en scènes transforment une bestialité naturelle en sophistication aussi troublante qu’ambiguë.
L’Homme qui a déduit le « caractère » des animaux à partir de leur apparence ou de leur comportement les exploite dans une caricature. »

Pourtant les signes subsistent chez les artistes, anthropologues, historiens  de la nécessaire cohabitation de l’homme et de l’animal.  L’un étant l’indispensable révélateur de la condition de l’autre, (voir « L’animal que donc je suis » de Jacques Derrida, Galilée, 2006) .

Démonstration en quelques images avec  l’ours, ou plutôt avec sa peau et comment les hommes s’en parent pour convoquer et revêtir une  nudité « originelle ».



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