Archive for octobre, 2011

ESCAPE FROM… ART

Vendredi, octobre 21st, 2011

Image 1: publicité pour le festival SESC_Videobrasil par fnazcasp, oct 2011.
Image 2: Brazil de Terry Gilliam, 1985.

« S’ÉCHAPPER » MAIS GRÂCE A QUOI? L’image…

Dans le film culte Brazil de Terry Gilliam, le monde de la bureaucratie est une fourmilière grise et agitée où circule des fonctionnaires aux bras chargés de dossiers de papiers. Lorsque le contremaitre se décide à leur tourner le dos, les écrans clandestins font leur apparition et les petits bonshommes tels des papillons viennent se coller à la lumière d’un western.

Pour promouvoir le festival de video, performance, installation et art plastique de Sao Paulo Videobrasil, l’agence de publicité brésilienne F/Nazca Saatchi & Saatchi a proposé une variante du film de Gilliam. Soit un homme dont l’univers se réduit à …une cage d’ascenseur et dont le salut semble bien être ce bouton « SORTIE DE SECOURS » (pour le festival).  Le film est une citation anxiogène et parfaitement réalisé de Brazil.

Les deux vidéos sont à retrouver sur le Graft. ICI

Mais si l’on suit la démonstration de Gilliam, c’est vers une autre illusion que nous dirige les publicitaires.
Car l’image animée de l’écran dans Brazil est le miroir-aux-alouettes d’un monde soumis à l’oppression, un échappatoire. Hors les artistes ont pour ambition de ne pas esquiver la réalité et de travailler à révéler les images qui nous gouvernent (peu importe ensuite que ce soit dans la confrontation ou dans l’esquive).

Alors, faut-il oui ou non appuyer sur le bouton ESCAPE de la publicité?…

Les questions qui demeurent: Est-ce que les publicitaires sont les mieux placés pour trouver une solution au « monde tel qu’il va » ? Faut-il faire la promotion d’un évènement artistique? Si oui, comment? (la question vaut pour les musées dont la communication est bien souvent pathétique)  Les artistes concernés ne doivent-ils pas prendre en charge cette question de la « communication »? Ou plus globalement, qu’est ce que les artistes comprennent des enjeux de l’image instrumentalisée dans la communication et mise au service de la promotion? Sont-ils eux même, par désir de reconnaissance, hors de portée de l’instrumentalisation de leur propre « image »?