Archive for mai, 2012

La montagne rouge, une école d’expérience.

Jeudi, mai 31st, 2012





Images: extraites du Tumblr de L’école de la montagne rouge, initiée par des étudiants en design de l’école d’art de Montréal (UQAM) pour soutenir le printemps érable.


Hier dans le cahier livres de Libération, Robert Maggiori signait un long article sur le philosophe américain John Dewey, Dewey, homme d’expérience. L’occasion lui en était donné par la première publication en français de « Expérience et nature » (traduit et postfacé par l’une des grandes spécialistes de Dewey, la philosophe Joëlle Zask). Soit 87 ans après sa publication aux Etats-Unis… Mieux vaut tard que jamais.
Mais c’est surtout au regard des événements en cours au Québec que cette traduction et la pensée de Dewey semblent particulièrement à propos et salutaire.

Extrait:
«Un gouvernement de « techniciens » dans lequel les masses n’ont pas la possibilité d’informer les experts quant à leurs exigences ne peut être rien d’autre qu’une oligarchie défendant les intérêts de quelques-uns. Le monde a davantage souffert par œuvre des dirigeants et des autorités que par celles des masses. » The Public and its Problems, 1927…

Dewey, surnommé « the quiet man » n’avait rien d’un dangereux anarchiste comme le précise Maggiori. Passionné par la pédagogie, il évaluera puis mettra au point une méthode d’enseignement basée sur l’action (« hands-on learning » « apprendre par l’action ») largement diffusée et adaptée à travers le monde et dont l’un des aboutissements serait de façon exemplaire l’école « dissidente » fondée par les élèves de l’UQAM. En grève contre la hausse de 82% de leur frais de scolarité, quelques étudiants de design ont décidé de fournir des signes de la révolte aux manifestations en cours. Cette « école » prend donc ses cours « dans la rue » et, au contact des évènements, trouve les solutions graphiques aux préoccupations communes. Le résultat visble sur le Tumnlr ouvert à cette occasion est fascinant. Outre la force et le nombre des messages, c’est la preuve de la justesse des propositions de Dewey ici rapporté par Maggiori:

« L’enseignement ne doit pas se fonder sur une transmission livresque et notionnelle, ni inculquer des valeurs de façons dogmatique ou séparer la connaissance de l’action. Il faut au contraire une école « ouverte », ouverte à la société et ses problèmes, l’élève doit y être autonome et apprendre à réaliser avec les autres des projets de recherche, une gestion commune des savoirs, faite de dialogue et de critique, et apte à développer au mieux cette intelligence qui guide l’homme dans le labyrinthe du monde et de la vie. »

La vie selon Dewey est bien le meilleur professeur et les circonstances à saisir les sujets d’apprentissage. S’il est bon de retourner régulièrement à l’école, ces jours-ci, l’école a suivre est certainement celle de La montagne rouge!

A lire:
Dewey, homme d’expérience, Un ouvrage-clé du penseur américain Par ROBERT MAGGIORI. Libération, jeudi 31 mai 2012.

John Dewey, Expérience et nature, Gallimard, 2012.


Et à retrouver sur le Graft:
TENDANCE ROUGE (suite)
et
CRU / « EVENEMENT PUREMENT CUBAIN »