Categorie / HISTOIRE

ART TRADERS (« We’ve got style »)

Dimanche, octobre 17th, 2010



Image 1: Staff stand in a meeting room at the Lehman Brothers offices in the financial district of Canary Wharf in London September 11, 2008. Lehman Brothers eventually filed for bankruptcy – the largest bankruptcy in U.S. history – and was delisted from the NYSE, and later liquidated. REUTERS/Kevin Coombs. BIGPICTURE, The Year 2008 in photography.

Image 2: Santiago Sierra, « Une ligne de 250cm tatouées sur six personnes rémunérées ». Espace Aglutinador, La Havane, Cuba. Décembre 1999



La vente de la collection d’art de la banque Lehman Brothers chez Sotheby’s et Christie’s  au cours du mois de septembre dernier  a déroulé la liste des artistes contemporains les plus en vue sur le marché et dont la côte se prête le mieux à la spéculation: stars internationales (Richard Prince, Gerhard Richter, Lucian Freud, Murakami…) dont les « Young British artists » (Hume, Hirst…) aujourd’hui vieux. Deux ans après sa banqueroute qui avait annoncé le début de la crise financière mondiale, la banque cherche à rembourser ses dettes et liquide sa collection. Les artistes seront-ils à la hauteur de la plus value attendue?

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NI NI

Mercredi, octobre 6th, 2010


image 1: « DIEU MAÎTRE « , avenue de Flandres, Paris 19. Sept 2010.
image 2: « L’imagination au pouvoir » de Walter Lewino, photographies Jo Schnapp, Eric Losfeld éditeur, Le Terrain Vague, 1968. cité dans l’article RES(V)OLUTIONS. Une sélection régulière des pointes séches de Walter Lewino figuraient dans la nouvelle formule du Tigre.


extrait du site Le Tigre (La bête):

Pourquoi ?  Parce que.

Mis en ligne le mardi 28 septembre 2010.

Le numéro 13 du Tigre, numéro spécial intitulé « Pourquoi faire un journal », a suscité de très nombreuses réactions.

On a pu lire, ici ou là, que Le Tigre venait de sortir son dernier numéro. Les lecteurs attentifs auront cependant noté que rien, dans le texte publié, ne concluait à cette fin définitive. Rien non plus, il est vrai, ne démontrait un avenir rieur.

Sans plus attendre, il convient de dire qu’une décision a été prise : Le Tigre va continuer son aventure.

Pourquoi ? Parce que.

Le reste (quand, quoi, où, comment), nous sommes en train d’y travailler.

À bientôt,

R.M., 28 septembre 2010.




Bruce Nauman, « Walking in an Exaggerated Manner around the Perimeter of a Square » (1967-68)

Alors, pourquoi le TIgre doit-il continuer? Parce que.

Parce que est une très bonne réponse et suffisante. Je pourrais devenir bavard et dire parce que DIEU est MAÎTRE et que le caviardage des NI NI laisse sur le mur comme l’ombre de deux pavés réactionnaires.

Le dernier numéro en date (le numéro 13) du Tigre est encore disponible en kiosque et en librairie. Raphaël Meltz y revient longuement sur l’histoire de la revue et sur les motivations qui ont sous-tendu sa rédaction et sa publication, parfois dans un difficile numéro d’équilibriste. Amer mais pas aigri, en colère parfois contre son lecteur, Meltz s’en prend à l’apathie générale d’une « génération résignée » (le socio-type valise  des « gazettes sans esprits ») et en appel, en citant Michel Butel,  à l’insoumission. NI DIEU NI MAÎTRE, Raphaël Meltz.

LA PEAU DE L’OURS

Jeudi, mai 6th, 2010




Image 1: Publicité Ricoré « Devenez du matin », avenue de la porte de Chaumont, Paris, avril 2010.
Image 2: Tony Matelli, « Ancient Echo », 2002. Lien site de l’artiste.


Une publicité et trois expositions récentes me donnent l’occasion de revenir sur les liens qui unissent hommes et animaux.


Grizzly du matin, chagrin.

L’ animal privé de son « animalité », revêtu des attributs de notre humanité devient domestique et déprimé. Le fantôme esseulé de sa part animale plane, comme dans cette image publicitaire pour Ricoré.
Elias Canetti disait « Chaque fois que l’on regarde un animal avec attention, on a le sentiment qu’un homme y est caché et qu’il se paie notre tête. » (in Le territoire de l’homme) mais à condition, paradoxalement, de lui laisser son statut d’animal.

« Quelle frontière subsite entre humanité et bestialité (…)? » Question posée et développée par le musée des Arts Décoratifs dans la section « L’homme ou la bête » de son exposition « ANIMAL« .
« (…) l’animal travesti (en homme) se fait tirer le portrait pour les besoins mercantiles de la publicité où il singe nos préoccupations du moment; ces mises en scènes transforment une bestialité naturelle en sophistication aussi troublante qu’ambiguë.
L’Homme qui a déduit le « caractère » des animaux à partir de leur apparence ou de leur comportement les exploite dans une caricature. »

Pourtant les signes subsistent chez les artistes, anthropologues, historiens  de la nécessaire cohabitation de l’homme et de l’animal.  L’un étant l’indispensable révélateur de la condition de l’autre, (voir « L’animal que donc je suis » de Jacques Derrida, Galilée, 2006) .

Démonstration en quelques images avec  l’ours, ou plutôt avec sa peau et comment les hommes s’en parent pour convoquer et revêtir une  nudité « originelle ».



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GÔUT NATIONAL

Vendredi, avril 23rd, 2010

Image 1: Publicité Kronenbourg, 1664  » Le goût à la française ». Paris, avril 2010.
Image 2: Arc de Triomphe, Place de l’étoile. Paris, le 8 mai 2007. Flickr

En septembre 2007, soit cinq mois après sa création par Nicolas Sarkozy,  le ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement lancait un appel d’offre pour la  « création d’un identifiant visuel (logotype) et d’une signature ». En mal de reconnaissance, le ministère se cherchait une image « identifiable ». Paradoxe pour celui qui s’occupe d’ « identité nationale ».

Trois ans après, le gouvernement semble avoir renoncé à son projet d’identité visuelle, mais le problème demeure. La France de Nicolas Sarkozy cherche toujours les symboles qui fédèreraient l’opinion autour de ses projets phares: « nationalité » « immigration » « sécurité ».

La solution viendrait-elle de la publicité? La bière Alsacienne Kronenbourg se déclare sur ses publicités la bière du « GOÛT A LA FRANCAISE ». L’agence de publicité Fred et Farid,  responsable de la campagne, a-t-elle, en choisissant de badigeonner de rouge les symboles du patrimoine architectural national (Mont Saint-Michel, Arc de Triomphe, terrasse de café (!) …sous la tour Eiffel, sur la pelouse du château de Chambord …) reçut son brief du président? « je veux du gros rouge qui tâche » demandait Nicolas Sarkozy à ses lieutenants pour appuyer et justifier dans les médias l’utilité d’un débat sur l’identité nationale. Une chose est sûr, la fierté d’être français s’est trouvée un porte drapeau (…à consommer avec modération).



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“J’habite en France” 1970, 2007… 2011

Lundi, avril 12th, 2010


Image 1: Bâche recouvrant la Préfecture de Police de Paris et représentant les  différents corps de métiers de la police nationale. Flickr
Image 2: Affiche, Paris, avenue Secrétan, Avril 2010. « A partir du 13 Janvier 2011, MICHEL SARDOU à L’Olympia »

1970, « en pleine période « post soixante-huitarde », Michel Sardou véhicule avec ses premiers grands succès « Les bals populaires », « J’habite en France », « Et mourir de plaisir », une image rassurante de France traditionnelle, de vrai chanteur populaire  » extrait du Fan Club Sardou

2010, pour promouvoir ses concerts prévus en Janvier 2011, le « vrai chanteur populaire » a choisi une image le représentant debout et en pied, sur un fond gris neutre. Ce réalisme sans ostentation est à rapprocher des  gigantesques portraits, réalistes eux aussi, des agents de la Préfecture de Paris qui s’affichent sur la bâche du bâtiment pendant sa rénovation. On peut parier que cette image sans charme et sans « bling bling », un retour à l’ordre en somme, sera celle mis en avant pour la fin du quinquennat de son ami Nicolas Sarkozy. Comme disait Sardou en 2007 pendant la campagne présidentielle: « On a le pays qu’on mérite ». On pourrait ajouter « et l’image qui va avec ».

Une autre version de ce billet se trouve dans le Graft, catégorie CRU.

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