Categorie / RICOCHET

RES(V)OLUTIONS

Mercredi, février 3rd, 2010


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PRIMITIF FUTUR

Mardi, février 2nd, 2010


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« VENEZ COMME VOUS ÊTES »

Lundi, novembre 9th, 2009

Le monde de la communication s’appuie sur la dichotomie hommes / femmes pour construire un discours de séduction articulé sur les clichés relatifs aux deux sexes. La question du « genre », problématisée par les « gender studies » met en crise cette séparation. Elle tente de faire tomber les barrières du sexe au nom de la reconnaissance des ambiguïtés liées à  chacun afin d’échapper au déterminisme social omniprésent dans les discours des institutions (école, armée, sport, musée…) aussi bien que dans la communication.

Suivre le lien pour accéder à  la réponse en images faites à  l’invitation du magazine Influencia pour une chronique ouverte sur un sujet d’actualité.

"I Think I’ll…,"

Jeudi, octobre 15th, 2009



Ed Ruscha

99% Angel 1% Devil, 1983
oil on canvas
36 H x 40 W (inches)

90% Devil 10% Angel, 1983
oil on canvas
20 H x 24 W (inches)

51% Angel, 49% Devil, 1983
oil on canvas
36 H x 40 W (inches)


I Think I’ll…, 1983
oil on canvas
55 3/4 H x 63 3/4 W (inches)

Les Obama, apprend-on, viennent de faire un choix d’œuvres d’art dans quelques musées nationaux afin de meubler la Maison Blanche. On peut imaginer le choix difficile à  la vue du corpus d’oeuvres tant en qualité qu’en nombre qui s’offrait au couple présidentiel, ce qui évidemment invite à  s’attarder sur la sélection. Je retiens le tableau de Ed Ruscha, « I Think I’ll… », de 1983 qui fait à  mon sens la démonstration du sens de l’humour de Obama arrivé à  ce niveau de responsabilité. Cela vaut un chaleureux encouragement voir un nobel! Pour l’encouragement, voici l’invitation d’un fabricant de café à  déguster chaque matin sa tasse en contemplant un levé de soleil sur hawaii (tout en méditant sur le sens du tableau de Ed Ruscha, « It deals with the subject of indecision » comme dirait le New York Times). Bonne journée Mister President!


Hawaiian Music, 1974
egg yolk on taffeta
36 H x 40 W (inches)

A noter, après la rétrospective de ses photos au Jeu de Paume en 2006, une large rétrospective des peintures de Ed Ruscha vient de commencer à  Londres à  la Hayward Gallery.

Une bonne introduction à  l’oeuvre de Ruscha à  lire sur le Blog de la revue de communication Creative Review. L’emprunt au vocabulaire de la consommation de masse, (graphisme, typographie, logo…) dans ses peintures des années 60 reste une référence aujourd’hui au regard de figure plus médiatique mais certainement moins ironique (comme Warhol ou Lichtenstein).

« Une grande part de ma vie en tant qu’ artiste est inspirée par la grossièreté de la consommation. Je vois bien que nous vivons dans une société de consommation qui a tendance à  perdre les pédales, je suis assez cynique à  ce propos. Je vois quelque chose de bien moche par ici, quelque chose qui me dérange, mais peut-être qu’il y a aussi un potentiel là  dedans. »

Ed Ruscha cité sur le blog de CR.

LE REVEIL

Dimanche, septembre 20th, 2009

image 1: Claude Lévêque, « le réveil de la jeunesse empoisonnée », néon, 2009, collection Agnès b.
image 2: « Pour l’éducation, on louvre, on lutte » Institut d’art et d’archéologie, Paris. mars 2009. banderole produite pour les manifestations de contestation de la loi Pécresse. (LRU)

En réponse à  une lettre de Claude Lévêque, reçue le 22 juillet 2009

Une publicité parue dans le quotidien Libération de vendredi dernier (p.9) m’incite à  rendre publique la lettre de Claude Lévêque.
Pour accompagner la nouvelle formule du quotidien, l’artiste (après d’autres figures du monde culturel ou médiatique (au hasard, Jean-Paul Gaultier le 11 septembre ou Fabrice Landrevie, marchand de journaux (Paris, XIV) le 14 septembre) apparait en photographie noir et blanc, de face, tenant le journal ouvert à  la main et le regard dense (yeux mi-clos) fixé sur le photographe (nous). On peut lire en haut à  droite de l’annonce « Claude Lévêque, plasticien » et en bas centré, sur les cuisses de l’artiste « Libération, l’info est un combat ». L’ instrumentalisation à  des fins de promotion de la figure de l’artiste engagé (garantissant en retour l’engagement du quotidien pour le combat à  l’information) relève les ambiguïtés du statut de l’artiste à  l’heure grandissante de la médiatisation de son image comme outil de sa reconnaissance. Sans porter de jugement contre Claude Lévêque, je repose ici la question, que je formulais déjà  en avril 2008: à  quoi l’artiste doit-il se plier pour jouir d’une visibilité médiatique qui garantisse sa consécration artistique?

Image 1: Affiche Pub Mc Donald’s 2003, « Je vous le présenterai chez Mc DO », agence TBWA.
Score Ipsos 48,07, 2eme meilleur score après Nike.(cf.lien: L’indicateur de performance publicitaire retenu, le score Ipsos, conjugue impact et agrément.)

Image 2: « Je suis une merde », Ballon publicitaire Mc Donald, dessin.

Cher Claude Lévêque,

Merci de votre email. J’aurais souhaité que vous puissiez me répondre directement dans les commentaires mais j’ai été obligé de les bloquer pour me protéger des spam.

La référence à  votre oeuvre   »sans titre » dans mon billet C5 & CL (Claude Lévêque), daté d’avril 2008 (j’aurais pu, comme vous le sous entendez  faire allusion à  « mon repos aux Tuileries ») ne joue que comme symptôme: l’art lorsqu’il avance avec un discours « coup-de-poing » se risque à  apparaître trop « explicite » comme le dit très justement Christian Caujolle dans l’article qu’il consacre à  la critique de votre oeuvre le « Grand soir » (libération du 9 juin dernier). « coup-de-poing », « explicite » sont des mots dont se berce la publicité.

Plus les « dispositifs » que vous proposez imposent une lecture, une image monolithique (par leur caractère spectaculaire) plus vous prenez le risque de vous trouver singé par la publicité. Les artistes qui « font la tendance, même à  leur insu » sont à  mon avis des artistes dont les oeuvres sont plus proches du « slogan » que de « l’expérience » seul contre-poids dans la balance de la médiatisation.
Je ne peux que redire ce que je signalais dans le précédent billet: « Aujourd’hui, l’art est confronté lui aussi à  un impératif de « visibilité médiatique », gros garant d’une consécration artistique. Le spectaculaire est un de ces outils que les artistes devraient manipuler avec précaution sous peine de consanguinité avec cette cousine souvent abhorrée, voir à  ce que l’injonction « distinguez-vous » de la publicité C5 ne devienne aussi une injonction pour artiste à  la recherche de la distinction. »

A en juger par la caricature publicitaire du couple de jeunes visitant une exposition placée en introduction de ce billet, je ne pense pas que vous soyez encore dans les petits papiers des directeurs artistiques. La sensibilité de votre œuvre échappe à  la récupération des clichés « grand public » que recherchent comme des pépites les publicitaires. Mais cela peut changer avec le « Grand soir » et la médiatisation qui entoure votre reconnaissance en tant qu’artiste officiel. Vous devenez visible. « Et une fois entré dans la visibilité, notre temps est compté. Soit nous sommes en état de pulvériser son règne à  brève échéance, soit c’est lui qui sans tarder nous écrase »; In « L’insurrection qui vient », Comité invisible, ed. La fabrique, page 103. Ce discours insurrectionnel est difficile à  tenir pour un artiste d’où à  mon sens la réserve critique à  propos du « Grand soir »,  c’est à  couvert que le sens d’une oeuvre se propose, à  l’opposé de la pub donc et de son impératif de visibilité.

Enfin, vous avez parfaitement raison, j’attends avec curiosité de voir une marque signer explicitement une campagne de promotion par un « je suis une merde », mais ne vous trompez pas, il n’y a pas que les artistes pour s’exprimer de manière aussi directe et narcissique, beaucoup de Skyblogs signent de manière provocante leur mal-être adolescent par un « je suis une merde », je préfère le dessin (au propre et au figuré)  de votre très belle œuvre « le réveil de la jeunesse empoisonnée ».

Cordialement
olivier roubert

Ps
publico? publivore? non, attentif à  garder une distance critique face aux images.

(par « dispositifs » j’entends la définition qu’en donne G.Agamben dans « Qu’est-ce qu’un dispositif? » Payot 2007)