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TOTEM / TABOU

Mardi, novembre 10th, 2009


Image 1: Berlin, Platz der Vereinten Nationen 27
Image 2: Berlin, Greifswalder Str. 47

TOTEM

TABOU

Image 1: Berlin, août 2009, Potsdamer Platz.
Image 2: Ecran, TOTEM, Bloc-notes visuel, par André Gunthert, « L’histoire revue et corrigée ».

L’actualité médiatique autour des célébrations de l’anniversaire de la chute du Mur de Berlin me donne l’occasion d’annoncer ici la naissance encore récente des nouveaux blogs de l’historien de la photo André Gunthert, suite aux stimulants ARHV (Actualités de la recherche en histoire visuelle) et Flipbook: Voici donc  » L’Atelier des icônes, pour les travaux spécialisés, et Totem, bloc-notes qui reprendra les formats plus légers du défunt Flipbook », à  lire ici. dans son intégralité la présentation de ces nouveaux projets et les raisons de cette évolution, sans toutefois préciser pourquoi le titre Totem? Question ouverte.

Les deux derniers billets du TOTEM font références aux échos qu’ont suscités sur la toile l’annonce par Sarkozy sur son Facebook présidentiel de sa présence au soir du 9 novembre à  Berlin. Plus que de chercher à  enfoncer le clou des contradictions à  des fins de propos diffamatoires, le TOTEM s’intéresse aux images qui révèlent ou que réveillent l’évident fantasme du chef de l’état.

L’un, « La légende de Saint Nicolas », s’intéresse à  la photographie placée par Sarkozy en illustration de l’évocation de son souvenir et qui agit comme révélateur de la mystification. Gunthert analyse en quoi Facebook permet à  tout un chacun de récrire son roman personnel.

L’autre, « L’histoire revue et corrigée », se fait l’écho via un diaporama sur Flickr de la production d’images, de collages, le plus souvent très drôle qu’a déclenchée la volonté présidentielle « d’en être ».


Image 1 et 2: mémorial du Mur sur Bernauer Str. 111, Berlin, août 2009.

Enfin, il parait nécessaire de rappeler que l’anniversaire de l’évènement doit permettre un travail de mémoire et de pédagogie, l’occasion de transmettre le souvenir du « monde d’hier » comme le titre le Monde.fr en introduction de l’instructif web-documentaire (INA et LE Monde), et certainement pas un travail de réécriture de sa propre histoire dans le but d’ériger le totem de son action, pour preuve les propos rapportés de Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP, dans Libération du mardi 10 et mercredi 11 novembre: « Ces deux ans et demi ont marqué la chute du mur de l’immobilisme ». L’occasion de briser le tabou de la critique de la gouvernance sous peine de se faire taxer de bougon.

Image Lien Flickr

« VENEZ COMME VOUS ÊTES »

Lundi, novembre 9th, 2009

Le monde de la communication s’appuie sur la dichotomie hommes / femmes pour construire un discours de séduction articulé sur les clichés relatifs aux deux sexes. La question du « genre », problématisée par les « gender studies » met en crise cette séparation. Elle tente de faire tomber les barrières du sexe au nom de la reconnaissance des ambiguïtés liées à  chacun afin d’échapper au déterminisme social omniprésent dans les discours des institutions (école, armée, sport, musée…) aussi bien que dans la communication.

Suivre le lien pour accéder à  la réponse en images faites à  l’invitation du magazine Influencia pour une chronique ouverte sur un sujet d’actualité.

CRU / EVENTO, 1

Lundi, octobre 26th, 2009




Images Flickr
Brique, cubi, verre. Bordeaux, le samedi 24 octobre 2009.

Compte rendu en images de quelques temps forts de Evento, biennale d’art nouveau de la ville de Bordeaux. Le maire Alain Juppé a confié les clés de sa ville à  un artiste architecte de formation, Didier Faustino. Le résultat, « artistique et urbain », offrait l’occasion d’une véritable déambulation à  travers divers visages de Bordeaux, de la place des Quinconces, aux quartiers plus excentrés de Grand Parc ou de la place Buscaillet. La volonté de rapprocher art contemporain et lieux de vie reste parfois maladroite mais l’initiative est intéressante avec de vrais temps forts. Je souhaitais commencer avec Jean-luc Moulène, figure transversale de cette manifestation avec son journal « IMPERSONNEL » présent en libre service (avec les programmes, sur les portants des gratuits, à  même le sol sur des palettes…) à  travers toute la ville. Les images, documents du quotidien, imprimées en pleines pages couleurs ou noir et blanc avec la simple indication du titre passaient dans toutes les mains. Réjouissant.

Plus d’images ici

MIR AGES

Samedi, octobre 24th, 2009


Lien Flickr

Concordance des temps, c’est à  se demander si Mir Black ne l’avait pas anticipé dans son plan média: au même moment débute à  Beaubourg la rétrospective Soulages (sobrement intitulé « Soulages », le nom de l’artiste étant dorénavant le parfait viatique à  l’œuvre: Qui dit Soulage dit « le peintre du noir », à  se demander si son patronyme n’agit pas comme une marque) et dans les rues la publicité pour la lessive MIR BLACK qui s’adresse aux « amoureux du noir ». Au vue des nombreuses photos qui accompagnent la rétrospective de ce grand artiste on ne s’aurait que lui recommander…Mir Black.



Image 1: Une peinture de Pierre Soulages présentée ces jours-ci à  La Fiac.
Image 2: Affiche de lancement du film Xmen 3 aux Etats-Unis, mai 2006.
Image 3: Pierre Soulages, « Peinture, 16 Septembre 2008″, 162 x 130 cm.
Image 4: Publicité « Mir Black, pour les amoureux du noir », détail.

Il y a un an , dans le cadre d’un article paru dans Télérama, j’avais été invité par Daniel Conrod a me prononcer sur le sens à  donner au Noir aujourd’hui. J’avais pris un vrai plaisir à  argumenter à  partir de peintures et de publicités sur ce qui me semblait la perte de puissance politique du noir. « Trop de marché, trop de lumière, font taire le noir » notait Daniel Conrod pour reprendre mon propos. (Ici, l’article dans son intégralité, « Le noir n’est pas tout blanc »). Ce rapprochement fortuit entre Mir et Soulages dont on doit sourire me conforte tout de même dans ma position, le radicalisme associé historiquement au noir se porte chic (il suffit de noter le sponsor de l’exposition de Beaubourg, le café « Nespresso », autre amateur de noir élégant, « what else? »). A revoir d’autres noirs de la force par exemple de ceux de Franck Stella dans sa série des « Blacks paintings » de la fin des années 50, comme une piqure de rappel.


Franck stella

Arbeit Macht Frei : from Black series I, 1967
planographic lithograph
National gallery of Autralia.

Franck stella

Die Fahne Hoch! (The Highflying Flag!) from Black Series I, 1967
One from a portfolio of nine lithographs, composition: 33.7 x 20.2 cm; sheet: 39 x 55.7 cm.
MoMA

"I Think I’ll…,"

Jeudi, octobre 15th, 2009



Ed Ruscha

99% Angel 1% Devil, 1983
oil on canvas
36 H x 40 W (inches)

90% Devil 10% Angel, 1983
oil on canvas
20 H x 24 W (inches)

51% Angel, 49% Devil, 1983
oil on canvas
36 H x 40 W (inches)


I Think I’ll…, 1983
oil on canvas
55 3/4 H x 63 3/4 W (inches)

Les Obama, apprend-on, viennent de faire un choix d’œuvres d’art dans quelques musées nationaux afin de meubler la Maison Blanche. On peut imaginer le choix difficile à  la vue du corpus d’oeuvres tant en qualité qu’en nombre qui s’offrait au couple présidentiel, ce qui évidemment invite à  s’attarder sur la sélection. Je retiens le tableau de Ed Ruscha, « I Think I’ll… », de 1983 qui fait à  mon sens la démonstration du sens de l’humour de Obama arrivé à  ce niveau de responsabilité. Cela vaut un chaleureux encouragement voir un nobel! Pour l’encouragement, voici l’invitation d’un fabricant de café à  déguster chaque matin sa tasse en contemplant un levé de soleil sur hawaii (tout en méditant sur le sens du tableau de Ed Ruscha, « It deals with the subject of indecision » comme dirait le New York Times). Bonne journée Mister President!


Hawaiian Music, 1974
egg yolk on taffeta
36 H x 40 W (inches)

A noter, après la rétrospective de ses photos au Jeu de Paume en 2006, une large rétrospective des peintures de Ed Ruscha vient de commencer à  Londres à  la Hayward Gallery.

Une bonne introduction à  l’oeuvre de Ruscha à  lire sur le Blog de la revue de communication Creative Review. L’emprunt au vocabulaire de la consommation de masse, (graphisme, typographie, logo…) dans ses peintures des années 60 reste une référence aujourd’hui au regard de figure plus médiatique mais certainement moins ironique (comme Warhol ou Lichtenstein).

« Une grande part de ma vie en tant qu’ artiste est inspirée par la grossièreté de la consommation. Je vois bien que nous vivons dans une société de consommation qui a tendance à  perdre les pédales, je suis assez cynique à  ce propos. Je vois quelque chose de bien moche par ici, quelque chose qui me dérange, mais peut-être qu’il y a aussi un potentiel là  dedans. »

Ed Ruscha cité sur le blog de CR.