lundi 17 mars 2008
"G" OU "G", ILLUSION OU REGRESSION
par olivier roubert

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Face à face intéressant entre deux expositions présentées à Paris actuellement.
Soit la très médiatique et spectaculaire (quoique crépusculaire) exposition de Loris Gréaud, au Palais de Tokyo et la très régressive et bricolée mais non moins spectaculaire exposition de Gelitin, à l'ARC.
Il est significatif de noter que les deux institutions se font géographiquement face et qu'elles ont toutes les deux pour mission de promouvoir l'art le plus contemporain, cette proximité donne un air de concurrence aux propositions choisies. En l'occurrence, les deux artistes exposés sont défendus à Paris par des poids lourds du marché: Yvon Lambert pour Gréaud et Emmanuel Perrotin pour Gelitin et les deux expositions reposent sur une appropriation spectaculaire de l'espace du Musée et font dans la démesure.
Si les oeuvres exposées sont "plastiquement" opposées, elles répondent toutes deux à des critères qui fondent le discours d'un art contemporain labelisé (le pop, le grotesque, la performance, le recyclage d'un coté et la culture populaire vs l'hyper technicité, la dématérialisation, le diffus, l'anticipation de l'autre) et qui les rapprochent plus qu'ils ne les éloignent. Alors où se situe la différence fondamentale entre les deux propositions et qui influe tant sur leur médiatisation et leur succès publique respective?







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"G" Gelitin
Les artistes Autrichiens du groupe Gelitin assoient leur proposition plastique sur un catalogue-manifeste "pour qu'on nous foute la paix", et il semble bien avoir été entendu car l'exposition reste apparemment vide, alors même que les artistes donnent le mode d'emploi à l'entrée de l'exposition afin que le visiteur s'installe comme chez lui dans les espaces du Musée. Pourtant, la première partie de l'exposition est d'une très grande réussite, les artistes ont récupérés et recyclés avec beaucoup d'inventivité les poubelles et les reliquats des précédentes expositions du Musée d'art Moderne et ont dessinés un paysage de ruine romantique et néo-classique avec colonnade en rouleau de papier toilettes, promontoir de vieux placard etc… il est facile d'imaginer le plaisir que prendrait la plupart des jeunes gens qui déambulent un peu septique dans l'ambiance clair obscure de Gréaud à ce joyeux bordel régressif.
"G" Gréaud
La lourde tâche lui incombe de redonner à l'art contemporain une aura et un écho. Ses moyens: la totalité des espaces d'exposition, un budget colossal et une communication "embeded". Le résultat: une exposition qui fait le grand écart entre le parc d'attraction (séance de paint ball, audiorama, son et lumière, ambiance de "Maison Fantôme", bonbons…), l'oeuvre "hyper" technique (le Magazine Palais n°5, présente l'exposition (truffée de caution scientifique) comme une "fantaisie neuronale") et parsemée de références à la haute culture (le "bleu klein" et le Merzbau de Schwitters, un opéra composé pour l'occasion, l'atmosphère que vous pourriez respirer sur mars…
Les salles d'expositions sont pleines d'une foule de curieux qui cède au désir de se sentir initier, du même coup, la complexité cryptique de la proposition laisse plus la place au silence qu'aux habituels signes de protestations et de constats amères du type "c'est du f… de gueule"
Donc, pour répondre à la question: Où se situe la différence notable entre ces deux expositions?
Dans le marketing qui accompagne Gréaud et qui préfigure d'un art "blockbuster" ( revue Art 21, numero 16, par Magali Natchtergael), un art soumis à l'impératif de succès d'une super-production. Ainsi les contraintes de création sont soumises à la réussite de l'entreprise (Loris Gréaud c'est lui-même, avec une ironie facile mais révélatrice comparé en cas d'échec public de son exposition au "Jérôme Querviel de l'art contemporain"). La première des conséquences de cette allégeance implicite d'un tout jeune artiste au "box office" est la frilosité formelle de l'ensemble, une impression de "déjà-vu", parfois un ennui (il ne se passe pas grand chose et même les joueurs de paint-ball restent tristement cachés dernière leurs "rochers-sculptures"(dessinés par un logiciel de 3D), voir d'un mercantilisme affiché lorsque les photos exposées se révèlent être de plates peintures à l'huile des…salles d'exposition, parfait produit dérivé pour le marché de l'art.

Commentaires
1. Le jeudi 18 décembre 2008 à 13:48, par fRYmVAXHz
2. Le vendredi 19 décembre 2008 à 01:42, par VsTVfqHRocz
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