Un greffon est un élément restreint, mais fonctionnel, rajouté sur un ensemble plus vaste qui lui sert de base.



LE GREFFON est un blog d'information et d'analyse qui traite d'une actualité subjective de l'image (expositions, publications, internet, auteurs, artistes, graphistes…). Afin de ne pas le limiter à un agenda culturel, j'ai choisi d'employer une syntaxe composée essentiellement d'images. Je crois à cette dynamique des images qui se lisent par collage, ricochet, montage…

Le DIAPORAMA constitue la matrice du GREFFON. Il est amené à se développer et restera en introduction du Greffon.

« Quiconque a connu les longues heures de vagabondage entre les livres, quand le moindre fragment, le moindre code, la moindre initiale semble ouvrir une voie nouvelle, aussitôt perdue dès que se présente une nouvelle rencontre, ou quiconque a éprouvé le caractère illusoire et labyrinthique de cette “ loi du bon voisinage ” sous l'autorité de laquelle Warburg avait placé sa bibliothèque, sait que l'étude non seulement ne peut pas avoir de fin, mais qu'elle ne désire pas en avoir ».
Giorgio Agamben, « Idée de l'étude », Idée de la prose, Christian Bourgois, 1988.

lundi 2 juin 2008

GREFFON / you want a Piece of Me?

cat. COMPTE RENDU



Cette jeune fille a accepté de se laisser photographier, et son "you want a Piece of Me?" "Just me, MY self AND I" écrit au typex sur ses lunettes de soleil, illustre précisément le sentiment que me laisse le site influent de The Sartorialist.

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mercredi 2 avril 2008

GREFFON / "L'animal que donc je suis"

cat. COMPTE RENDU

L'homme est-il souverain? et qu'en est-il de cet espace commun entre lui et l'animal?





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mardi 25 mars 2008

GREFFON / HEY YOU / YOU HEY

cat. COMPTE RENDU


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A la galerie Nelson, présentation des derniers tableaux de Ken Lum.

C'est l'occasion de s'intéresser à cet artiste et à son travail d' interprétation critique des signes produits par la communication populaire de masse.






Dans l'exposition de la galerie Nelson, le rapport formel que les tableaux entretiennent avec les tests de Rorschach font penser à une lecture psychanalytique du discours publicitaire.
La publicité face au "stade du miroir".

Dans le dispositif de Ken Lum, le message publicitaire se trouve pris au piège de son intention de séduction et de promotion: Narcisse séduit par sa beauté, ses couleurs, ses typos, ses mots accrocheurs, l'image se retrouve privé de tout discours promotionel et ce jeu de miroir ne le renvoie plus qu'à son propre message en abîme et tronqué.









"Primera lámina del test de Rorschach"


"Narcisse"
Le Caravage, 1594-1596
Galleria Nazionale d'Arte Antica, Rome.


Narcisse (mythologie)





Roland Barthes, «Rhétorique de l'image». In Communications, Paris,
Centre d'Etudes des Communications de Masse, Seuil, 1964, N°4, p. 40-51

Ken Lum, "Ohhh Baby. You are looking good!", 2003
mirror mounted on a coloured aluminum frame
dyptic : (187,7 x 78,6 x 4 ,6 cm) x 2 3

lundi 17 mars 2008

GREFFON / "G" OU "G", ILLUSION OU REGRESSION

cat. COMPTE RENDU



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Face à face intéressant entre deux expositions présentées à Paris actuellement.
Soit la très médiatique et spectaculaire (quoique crépusculaire) exposition de Loris Gréaud, au Palais de Tokyo et la très régressive et bricolée mais non moins spectaculaire exposition de Gelitin, à l'ARC.

Il est significatif de noter que les deux institutions se font géographiquement face et qu'elles ont toutes les deux pour mission de promouvoir l'art le plus contemporain, cette proximité donne un air de concurrence aux propositions choisies. En l'occurrence, les deux artistes exposés sont défendus à Paris par des poids lourds du marché: Yvon Lambert pour Gréaud et Emmanuel Perrotin pour Gelitin et les deux expositions reposent sur une appropriation spectaculaire de l'espace du Musée et font dans la démesure.


Si les oeuvres exposées sont "plastiquement" opposées, elles répondent toutes deux à des critères qui fondent le discours d'un art contemporain labelisé (le pop, le grotesque, la performance, le recyclage d'un coté et la culture populaire vs l'hyper technicité, la dématérialisation, le diffus, l'anticipation de l'autre) et qui les rapprochent plus qu'ils ne les éloignent. Alors où se situe la différence fondamentale entre les deux propositions et qui influe tant sur leur médiatisation et leur succès publique respective?
















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"G" Gelitin

Les artistes Autrichiens du groupe Gelitin assoient leur proposition plastique sur un catalogue-manifeste "pour qu'on nous foute la paix", et il semble bien avoir été entendu car l'exposition reste apparemment vide, alors même que les artistes donnent le mode d'emploi à l'entrée de l'exposition afin que le visiteur s'installe comme chez lui dans les espaces du Musée. Pourtant, la première partie de l'exposition est d'une très grande réussite, les artistes ont récupérés et recyclés avec beaucoup d'inventivité les poubelles et les reliquats des précédentes expositions du Musée d'art Moderne et ont dessinés un paysage de ruine romantique et néo-classique avec colonnade en rouleau de papier toilettes, promontoir de vieux placard etc… il est facile d'imaginer le plaisir que prendrait la plupart des jeunes gens qui déambulent un peu septique dans l'ambiance clair obscure de Gréaud à ce joyeux bordel régressif.

"G" Gréaud

La lourde tâche lui incombe de redonner à l'art contemporain une aura et un écho. Ses moyens: la totalité des espaces d'exposition, un budget colossal et une communication "embeded". Le résultat: une exposition qui fait le grand écart entre le parc d'attraction (séance de paint ball, audiorama, son et lumière, ambiance de "Maison Fantôme", bonbons…), l'oeuvre "hyper" technique (le Magazine Palais n°5, présente l'exposition (truffée de caution scientifique) comme une "fantaisie neuronale") et parsemée de références à la haute culture (le "bleu klein" et le Merzbau de Schwitters, un opéra composé pour l'occasion, l'atmosphère que vous pourriez respirer sur mars…

Les salles d'expositions sont pleines d'une foule de curieux qui cède au désir de se sentir initier, du même coup, la complexité cryptique de la proposition laisse plus la place au silence qu'aux habituels signes de protestations et de constats amères du type "c'est du f… de gueule"


Donc, pour répondre à la question: Où se situe la différence notable entre ces deux expositions?

Dans le marketing qui accompagne Gréaud et qui préfigure d'un art "blockbuster" ( revue Art 21, numero 16, par Magali Natchtergael), un art soumis à l'impératif de succès d'une super-production. Ainsi les contraintes de création sont soumises à la réussite de l'entreprise (Loris Gréaud c'est lui-même, avec une ironie facile mais révélatrice comparé en cas d'échec public de son exposition au "Jérôme Querviel de l'art contemporain"). La première des conséquences de cette allégeance implicite d'un tout jeune artiste au "box office" est la frilosité formelle de l'ensemble, une impression de "déjà-vu", parfois un ennui (il ne se passe pas grand chose et même les joueurs de paint-ball restent tristement cachés dernière leurs "rochers-sculptures"(dessinés par un logiciel de 3D), voir d'un mercantilisme affiché lorsque les photos exposées se révèlent être de plates peintures à l'huile des…salles d'exposition, parfait produit dérivé pour le marché de l'art.

jeudi 13 mars 2008

GREFFON / PUPPET & MODEL

cat. COMPTE RENDU




A la galerie du Jeu de Paume, jusqu'au 30 mars 2008.
Une exposition de Denis Savary
Sur la mezzanine est présentée la poupée que l’artiste a fait réaliser d’après celle d’Oskar Kokoschka. Fabriquée par une couturière en suivant à la lettre la description écrite de Kokoschka et sous la direction de Denis Savary, cette effigie d’Alma Mahler représente l’amante perdue. À la manière d’un musicien, véritable homme-orchestre, l’artiste réinterprète une composition existante afin d’observer comment un concept, émis par une source extérieure (souvent en complète dissonance par rapport à son esthétique), parvient à prendre forme. Entre sculpture et objet fétiche, cette œuvre figure la quête impossible de la représentation idéale.


http://www.jeudepaume.org/?page=article&sousmenu=&idArt=536&lieu=1&idImg=547






http://www.galerieperrotin.com/artiste-Elmgreen_et_Dragset-20.html

Elmgreen & Dragset. Side Effects
19 janv. - 08 mars 2008
Paris. Galerie Emmanuel Perrotin


Le duo d’artistes scandinaves, Elmgreen & Dragset, profite de la Fashion Week pour mélanger art et mode. Les deux artistes ont proposé à plusieurs stylistes d’habiller leurs dernières sculptures.

Une dizaine de sculptures couleur chair sont disposées dans le grand hôtel particulier du Marais de la galerie Emmanuel Perrotin. Elles font leur défilé et n’hésitent pas à porter des vêtements et des accessoires sur mesure. Elmgreen & Dragset ont donné carte blanche à Alberta Ferretti, Sonia Rykiel, Gaspard Yurkievich, Vanessa Bruno et Henrik Vibskov pour les habiller. Eux-mêmes ont dessiné certains modèls pour scénographier un peu plus leur travail. La seule contrainte a été d’utiliser uniquement des tons noirs, blancs et gris.


http://www.paris-art.com/art/critiques/d_critique/Elmgreen-Dragset-Side-Effects-4705.html

vendredi 29 février 2008

GREFFON / ICON, IRON, "Les pauvres types!"

cat. COMPTE RENDU

Deux expositions nécessaires, en ce moment à Paris, par deux artistes majeurs:
Gerhart Richter chez marian goodman et Carl Andre chez yvon lambert, respectivement 76 et 73 ans.
Ils font la démonstration, face au flot continu des images que le plus peu le moins.
La preuve par la sculpture et la peinture, par le minimalisme et le recouvrement.


mais aussi par la vidéo (regarder la vidéo de Carl André qui présente son exposition, et attendez son rire)
et par la photographie (la toile peinte de Richter à partir d'une photo des Twins Tower, prise le 11 septembre, une icone de l'évènement qui se cède ni au Romantisme, ni au Nationalisme)





lien Flickr, cliquez ici

Les deux photographies du site du WTC après les attentats sont de James Nachtwey, et parce qu'il a été acteur de l'évènement et qu'il est photographe de guerre, il se situe à l'opposé de l'image que nous donne Richter du même 11 septembre.

http://www.yvon-lambert.com/
http://www.mariangoodman.com/mg/paris.html


À la galerie Marian Goodman à Paris, une unique toile figurative – September (2005) – reprend une vue quasi abstraite des tours du World Trade Center, enfumées sur fond étincelant d’azur. Énième avatar de la guerre toujours recommencée. L’artiste a accroché tout autour, telles de lumineuses fenêtres, de superbes peintures neigeuses, trouées de jaune cadmium ou de bleu glacier, comme au premier matin du monde. Dans le fracas des nouvelles, il arrive, par on ne sait quel miracle, qu’une œuvre procure la paix. C’est tout le paradoxe de Richter. Ses toiles, meurtries, lucides, résistent.

Sabine GINOUX, La Croix, 27/02/2008, 20:30

http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2330218&rubId=5548